In the flesh : walking half-dead

Ouverture en fanfare d’une nouvelle catégorie. Après les films, je vous donne maintenant mon avis sur des séries. Une sélection impitoyable, venue tout droit des chaines du câble américain, de Grande-Bretagne ou de Suède. Oui, je suis un fin gourmet. En plus, les séries, ça se regarde au chaud, chez soi. Pas besoin d’affronter le froid et les pluies estivales. Alors les voici, les voilà. Et on commence avec In the flesh, une série anglaise qui affiche deux saisons au compteur.

La série suit le parcours de Kieren, atteint du PDS (Partially Deceased Syndrom), qui retourne dans son village natal (Roarton) et dans sa famille après avoir reçu un traitement le rendant apte à la vie en communauté. En gros, et en langage plus clair. Kieren est un zombie guéri.

Le concept est extrêmement novateur. La mode lancée par le succès fracassant de The Walking Dead (très mauvaise série, j’aurais sans doute l’occasion d’en reparler sur ce blog) est ici complètement retournée pour répondre à la question : et après? Une fois qu’on a maîtrisé les zombies, qu’on leur a en plus redonné une place dans la société, que se passe-t-il?

A travers cette métaphore sont évoqués toutes les discriminations possibles et imaginables (raciales, ethniques), et surtout l’homophobie. Parce qu’en plus d’être atteint du PDS, Kieren est gay. Le gars, il cumule. Clairement.

Parfois un peu lourdaude, la comparaison tient la route. On se prend au jeu et on se dit que si les habitants de Roarton ont un long chemin à faire pour intégrer les « demi-morts » dans leur ville, la société a elle aussi beaucoup de travail devant elle pour que l’homosexualité soit enfin acceptée par tous.

Alors qui dit discriminations dit gros cons. Mais alors des bêtes de compétitions. Dans la première saison, on a droit à deux bons vieux gros cons : un pasteur et un ancien militaire. Autant vous dire qu’on les déteste dès la première seconde. Dans la seconde saison, le sous-fifre du militaire et une députée fraichement élue prennent le relais de la connerie monumentale. Mais la force de la série, c’est qu’elle a beau nous présenter ces personnages comme des monstres (bien plus que les zombies qui apparaissent finalement rarement dans leur forme « enragée »), elle n’hésite pas à motiver leurs comportements, de manière tout à fait réaliste.

Autre force de cette série : ses acteurs principaux. Luke Newberry crève l’écran dans son interprétation de Kieren. Toutes en finesse, les émotions, il les transmet parfaitement à chaque plan, tout en gardant une certaine réserve liée à son état de cadavre ambulant (pas de larme par exemple). Autre interprétation remarquable : celle d’Emily Bevan dans le rôle d’Amy Dyer. Elle aussi est une ex-zombie. C’est la touche poétique de la série. Elle insuffle quelque chose d’enfantin dans l’univers d’In the Flesh. Son humour et son comportement taquin, notamment envers Kieren, en font un personnage secondaire indispensable.

Les deux premières saisons de la série ont été diffusées sur BBC Three en 2013 et 2014. Chacune montre une certaine indépendance, même si les scénaristes ne s’interdisent pas d’ouvrir l’intrigue avec de très subtils cliffhangers. Une force indéniable pour une série dont le renouvellement n’est jamais certain durant le processus créatif. La deuxième saison laisse germer les graines d’une mythologie intéressante, à base de fanatisme et de stigmatisation d’une partie de la population.

En résumé, une série qui fait écho au problème qui hante le plus notre société : la peur de l’autre et de sa différence, l’intolérance. Le tout dans un très bel écrin, malgré un léger manque de variété des décors. Mais c’est après tout une des marques des séries anglaises (Misfits, Utopia : même combat). On regrette aussi quelques facilités scénaristiques, quelques raccourcis, voire quelques incohérences par-ci, par-là. Mais rien qui ne nuise vraiment au plaisir du visionnage.

Si comme moi vous en avez marre des zombies débiles, cette série est faite pour vous !

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