A wolf in my computer

The Wolf among us, c’est une expérience étrange. Au croisement entre la série et le jeu vidéo. Deuxième succès de suite pour Telltale Games, qui avait cartonné en 2012 avec The Walking Dead. Cette fois, on change de comic-book et on recommence. TWAU est inspiré de Fables, créé par Bill Willingham (critique à venir sur GeekOBS). Imaginez : les personnages de contes de fée existent. Blanche-Neige, Barbe Bleue, Cendrillon, le Prince Charmant, le Grand méchant loup : tous ont une histoire, avant, pendant et après les histoires qu’on connait sur eux. Ce sont les Fables. Mais chassés de leurs royaumes par un mystérieux adversaire, ils sont venus se réfugier dans un quartier de New york, Fabletown. Pour ne pas attirer l’attention des Communs (nous), les Fables ne pouvant pas prendre une forme humaine sont installés dans La Ferme, un domaine au nord de la ville, bien à l’abri des curieux.

Voilà pour la situation de base. TWAU commence dans ce quartier à part de New York et nous fait incarner Bigby Wolf, le Grand méchant loup du Petit Chaperon Rouge et des Trois petits cochons. À Fabletown, il officie en tant que shérif, et c’est au début d’une nouvelle enquête dans l’appartement du Bûcheron que nous le prenons en main. Je n’en dis pas plus. Ça serait du spoil.

Car la force de ce jeu (comme pour The Walking Dead saisons 1 et 2), c’est son scénario. Mature, palpitant, immersif : on a vraiment l’impression d’assister aux épisodes d’une série traditionnelle. Ce n’est pas un hasard si les jeux sont organisés en « saisons » et en « épisodes », dont les sorties sont espacées de deux mois. La différence, c’est qu’ici nous avons le choix des réactions du héros. Nos choix influent sur le récit, sur la manière dont nous perçoive les autres personnages. Plus de frustration devant votre écran, à vous dire « mais non, t’aurais du dire ça et pas ça mon con ». Ici, vous êtes les maître. Et vous ne pouvez vous en prendre qu’à vous même si l’issue n’est pas à votre goût.

TWAU, c’est une enquête en cinq parties. Contrairement à The Walking Dead, qui est un survival très fidèle au comic-book, particulièrement fort dans les relations entre personnages, TWAU propose un vrai mystère, avec le lot de rebondissements qui va bien. On sort de chaque épisode avec impatience de découvrir le suivant. Et si par malheur vous jouez alors que tous les épisodes sont sortis (comme ce fut mon cas), vous risquez fort de jouer toute la nuit sans pouvoir vous arrêter.

Cette addiction, elle s’explique par des personnages profondément attachant. On ne peut pas être insensible à la quête de Bigby, désirant par dessus tout qu’on lui pardonne les crimes horribles commis sous sa forme de loup. Il est passé à autre chose. Mais on ne dompte pas aisément un tempérament imprévisible. Tout au long du jeu, Bigby lutte pour ne pas succomber à ses instincts, se métamorphosant petit à petit chaque fois que  quelqu’un se met en travers de son chemin dans la résolution de son enquête. Sa relation avec Blanche-Neige, anticipant les évènements des comics (TWAU est un préquel de la série de Bill Willingham), est symptomatique de cette quête de rédemption. On n’a qu’une envie : prouver à cette femme sévère et fragile qu’on n’est plus le loup qu’elle a rencontré il y a si longtemps dans les Royaumes.
Autre personnage charismatique à signaler : Bloody Mary, digne des plus grands films d’horreur. Son apparence fablesque est terrifiante, certes, mais son comportement humain l’est tout autant. Une psychopathe en puissance, prête à vous charcuter dès qu’elle en aura l’occasion.

Niveau graphisme, c’est très proche des comics. Les visages sont assez détaillés pour transmettre des émotions, et on a vraiment l’impression d’être dans Fabletown (même si tout se ressemble un peu, il faut le dire). Pour la saison 2, espérons une incursion dans les Royaumes, qui permettrait un peu de couleur et de diversité. Le point qui pêche, c’est le gameplay. On ne peut pas vraiment dire que le jeu produit par les studios Telltale Games  soit extraordinaire à ce niveau : on est dans un point’n’click assez basique, sans réelle difficulté. On notera quelques moments sympathiques comme la course poursuite du dernier épisode et le combat contre le bûcheron de l’introduction. Le reste est assez peu mémorable.

Enfin, au niveau sonore, c’est très sympa. La musique un peu sombre colle bien à l’univers dans lequel on évolue, et contribue sans doute au sentiment d’immersion. Point bonus pour le générique de début d’épisode, qui enfonce une bonne fois pour toute le clou : c’est un jeu, mais c’est surtout une série. Et comme toute série, elle ne laisse qu’une conclusion à la bouche : vivement la saison 2.

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