Mad Max : furieusement dingue

Il s’appelle Max, et il va tout détruire sur son passage. Difficile d’écrire une attaque aussi vrombissante que la première scène du film. Comme dans les trois premiers, on rentre directement par l’action. Frénétique. Totale. Brutale. Deux heures non stop sur une route désertique, sans répit. Un film entièrement dédié à l’action brute de décofrage. Un manifeste esthète sur le cinéma à très grand spectacle.

Le plus réussi est sans conteste la direction artistique. Les véhicules sont démentiels, à l’image de ceux qui les conduisent. Le film fourmille d’idées novatrices, entre perchistes passés maîtres dans l’art de l’abordage ou pédale d’accélération blocable, histoire de passer en pilote auto et se concentrer sur les cibles à flinguer. Tout aussi ingénieux, le bras artificiel de l’imperator Furiosa, incarnée par Charlize Theron. Son maquillage noir sur les yeux et le front, son regard encore plus noir, son économie de paroles : une vraie guerrière. Dont la carapace s’effrite pour donner naissance aux plus beaux moments du film, les plus riches en émotion. On dit dans certains journaux que Mad Max ne développe pas la psychologie de ses personnages. Furiosa est le preuve irréfutable du contraire.

Be witness !

Un autre perso crève l’écran : Immortan Joe, un remake halluciné de Dark Vador couplé à un Barbe-Bleue sous LSD. Personnage improbable, sorte de dieu vivant revenu du Valhalla et descendu sur Terre pour commander des légions de War Boys, encore plus dingues que leur idole (mention spéciale à Nicholas Hoult, méconnaissable sous le crâne chauve et les lèvres gercées de Nux, war boy déserteur). Immortan contrôle la Citadelle, une montagne rocheuse aménagée dans le seul but de survivre confortablement au cœur d’un monde détruit par les guerres et la sécheresse. Il est à la tête d’une nouvelle civilisation en construction mais développe un culte de la personnalité et des tendances dictatoriales bien affirmés. Trop affirmés.

Ses femmes (au nombre de cinq, pourquoi se priver?) s’échappent, aidées par Furiosa et Mad Max (ah tiens, il était là lui ?), déclenchant une course poursuite de deux heures, bourrée d’explosions et de crashes en tout genre.

Seuls les fous survivent dans cet univers. Et fous, ils le sont tous. À commencer par Max. Héros un brin en retrait, la faute à un Tom Hardy moins charismatique que Mel Gibson. La faute aussi à un manque de profondeur du personnage, comparé à ses comparses. Max n’est que le prétexte qui permet d’assurer la continuité de l’univers, trente ans après la première trilogie. Il est dépassé, un peu hors de propos.

Tout autour de lui a profondément changé. La dystopie est plus affirmée, les choix artistiques plus assumés, la folie omniprésente. Ce film est une claque. On utilise souvent cette expression pour parler des films qui nous marquent, mais dans le cas de ce Mad Max : Fury Road, le mot n’est pas usurpé. On sort du ciné les yeux meurtris, le souffle coupé. Et on en redemande.

Allez, reviens encore une fois Max, on a besoin de toi dans ce monde de fous.

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