THE LEFTOVERS – « There is no miracle in Miracle »

Été 2014. HBO dégaine une nouvelle série, par un des créateurs de Lost : dans la ville de Mappleton, les habitants de remettent durement de la disparition soudaine et inexpliquée de 2% de la population mondiale. Les débuts sont  timides. Puis, surprise : au fil des épisodes, la saison s’envole et offre de magnifiques scènes, sublimées par une écriture exigeante, un jeu d’acteur tout en finesse et une bande originale poignante. Les audiences ne suivent pas, Mais on est sur HBO, « plus que de la télévision ». Alors une deuxième saison est commandée. Alors on l’attend avec impatience. Et  alors on prend une gifle chaque semaine.

Séries et cinéma, mêmes combats. Quand on en connaît les rouages, difficile de se laisser attendrir ou surprendre. Parfois, on en subit les épisodes plus qu’on ne les savoure. Une saison est un marathon : certains optent pour le sprint, Au risque d’accuser une baisse de régime, quand d’autres font le pari de la course de fond. Prendre le temps. Installer une situation. Poser des personnages. Créer un univers.

The Leftovers possède indéniablement le sien. L’habillage sonore en particulier permet d’identifier à coup sûr la série : une bande originale aux des motifs tragiques, faisant la part belle aux violons. Le pitch lui aussi se démarque : « More than three years ago, 2% of the world’s population inexplicably vanished. 140 million people, gone in an instant. No country, no state, no city was spared, except for one small town in eastern Texas. Population: 9261. Departures: Zero.  » (site Internet HBO). Promesse d’une histoire mystérieuse, qui se révèle au final tout simplement humaine.

La série se concentre sur “ceux qui restent”, ces leftovers déstabilisés voire détruits par un évènement tragique et inexplicable. Certains se réfugient dans une croyance dangereuse, la secte des “Guilty Remnants”, nihiliste et “jusqu’auboutiste”. D’autres tentent de se reconstruire et de nouer de nouvelles relations (les Garveys). Certains enfin semblent épargnés par le drame, en apparence seulement.

Si la première saison mettait en avant les deux premiers types de réaction, la deuxième nous fait décrouvrir les derniers. Pour celà, elle nous emmène dans une nouvelle ville, Jarvin, au Texas, surnommée Miracle. Particularité : 0 disparition. De quoi attirer toutes sortes de gens, dont les héros de la première saison…

… dans les épisodes précédents …

Kevin Garvey (Justin Theroux) est le shérif de la ville de Mappleton. Le 14 octobre 2011, le “Sudden Departure” est le point de départ de l’éclatement, déjà bien amorcé, de sa famille. Depuis, il essaie de recoller les morceaux avec sa fille Jill (Margaret Qualley), qui vit encore avec lui mais avec laquelle les relations sont difficile depuis que Laurie (Amy Brenneman), la mère, a rejoint la secte des “Guilty Remnants”, tout de blanc vêtus.

Le fils de Laurie, Tom (Chris Zylka), est parti suivre un homme étrange, “Holy Wayne”, qui prétend pouvoir absorber la tristesse des autres juste en les touchant. Il confie à Tom la mission de protéger une de ses compagnes enceinte.

Autre personnage marquant : Nora (Carrie Coon), qui a perdu son mari et ses deux enfants le 14 octobre. Elle est depuis membre des bureaux d’études et de dédomagements en rapport avec l’évènement, mais n’a jamais guéri de ses blessures.

Enfin, il faut parler des Guilty Remnants, dirigés par Patti (Ann Dowd), dont les intentions sont confuses. On apprend petit à petit qu’ils considèrent que le monde est fini, et tentent par tous les moyens de recruter les personnes les plus faibles émotionnellement, comme Megan (Liv Tyler). La présence de la secte dans la ville va créer des tensions que devra gérer Kevin, plus mal que bien, jusqu’au final qui voit Nora trouver un bébé sur le pas de la porte des Garveys. Le bébé en question, déposé par Tom après la disparition de la mère, qu’il protégeait jusque-là. Kevin, Nora, Jill et le bébé reforment une famille, pendant que Tom retrouve Laurie après l’incendie spectaculaire des logements des Guilty Remnants.

La saison décolle véritablement avec les épisodes 3 et 6, consacrés respectivement à Matt (Christopher Eccleston), frère de Nora et révérend ayant du mal à accepter qu’il ne soit pas parti lors du 14 octobre – il imagine que seuls les bons chrétiens auraient du avoir ce privilège – et à Nora elle-même. Ces deux centrics mettent en avant toutes les qualités de la série, entièrement tournée vers ses personnages et le développement de leurs émotions, pour le moins intenses.

Les derniers épisodes offrent aussi  de très beaux moments, notamment la scène entre Patti et Kevin, absolument magnifique, juste et déchirante.

Et maintenant, la saison 2

Pour chaque épisode, un extrait, une note, un petit mot. À vous ensuite de découvrir la série par vous-même. Elle vaut le coup.

« Axis Mundi » ****. Scène d’introduction mystique étonnamment longue mais captivante et introduction de nouveaux personnages aussi dérangés que ceux de la saison 1. Le retour des Garveys à la fin permet de faire le lien avec la saison 1. 

« A matter of geography » ****. Ou “comment les Garveys sont arrivés à Miracle ?”. Un épisode flashback très bien mené qui permet de découvrir les problèmes de Kevin à accepter la vie qu’il reconstruit avec Nora.

« Off ramp » *****. Un raz-de-marée émotionnel pour cet épisode captivant, qui nous emmène du côté de Laurie et Tom. Muette pendant toute la première saison, Laurie prend ici une toute nouvelle dimension. Excellente interprétation. Ils sont vraiment tous sacagés !

« Orange sticker » ****. Les Nora centrics sont toujours excellents. Celui-ci ne fait pas exception. On la retrouve paniquée à l’idée que Miracle ne soit pas si à l’abri que ça. Et on la comprend.

« No room at the inn » *****. Deuxième claque. Les malheurs de Matt s’enchainent dans un jeu pervers, entrecoupé de bonnes nouvelles. La série n’est décidemment jamais aussi bonne que lorsqu’elle se concentre sur un personnage en particulier.

Vite la suite ! Au programme : « Lens » – 08/11 « A most powerful adversary » – 15/11 « International assassin » – 22/11 « Ten thirteen » – 29/11 « I live here now » – 06/12

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