Final Fantasy XV : alerte à la hype

Le jeu vidéo a ses mythes. Des grand succès, des bides mémorables, des idées époustouflantes. Rien de surprenant dans un domaine créatif foisonnant, qui s’est réinventé cent fois en moins d’un demi-siècle. Et comme en littérature et au cinéma, certaines œuvres vidéo-ludiques deviennent des mythes avant même leur parution. Quelques titres, de par l’attente qu’ils ont générée, ont profité de ce phénomène. Ce sont des vaporwares : The Last Guardian, Half life 2, Alan Wake. Sans oublier Beyond Good and Evil 2, annoncé en 2008 par Ubisoft et encore aujourd’hui au stade de grosse rumeur.

L’un de ces jeux est le rejeton d’une ancienne famille. Une des plus nobles de l’univers des jeux vidéos, Final Fantasy. Depuis le septième épisode, chaque sortie d’un nouvel opus est un événement, relayé bien au-delà des milieux geeks. Mais les consoles évoluant, le temps d’attente entre chaque épisode s’est creusé. Deux ans entre les légendaires VII et VIII. Cinq ans entre le X et le XII (le XI étant un Mmorpg, je l’exclus de la série principale, comme le XIV). Et sept ans entre le XIII et le XV.

Surtout que ce XV ne l’a pas toujours été. Ce nouvel épisode a été annoncé en juin 2006, sous le nom de Final Fantasy Versus XIII. Il devait à l’origine être le deuxième pilier d’une compilation intitulée Fabula Nova Crystallis, et dont Final Fantasy XIII était l’autre socle. Mais au fil des années, alors que ce dernier paraissait et que deux suites lui étaient données, point de nouvelles de Final Fantasy Versus XIII, hormis quelques trailers qui n’ont qu’amplifié l’attente des fans de la franchise.

En juin 2013, le jeu devient Final Fantasy XV, et accède au grade d’épisode numéroté. Une sorte de consécration : ce jeu tant espéré ne sera pas l’ersatz du treizième épisode. Il devient indépendant. Unique. Et à ce titre, il mérite une promotion à nulle autre pareille.

Film, série animée, concert symphonique, démos et vidéos en veux-tu, en voilà : depuis l’annonce en mars 2016 de la sortie imminente de cette arlésienne FFXV, l’univers du jeu a été délesté de nombreux secrets. Et ce qu’on en a vu n’a fait que renforcer le désir de mettre enfin la main sur le boîtier définitif du jeu. Dans le jargon, on appelle ça « faire monter la hype ».

ATTENTION, cette bande annonce publiée lors du Tokyo Game Show mi-septembre contient de nombreux spoilers sur l’intrigue du jeu. 

Les démos
~ EPISODE DUSCAE – PLATINUM DEMO ~

Sorties respectivement en mars 2015 et en mars 2016, ces démos n’ont pas grand chose à voir l’une avec l’autre.

La première nous emmène dans une région du monde de FFXV, Duscae, pour une séquence de jeu qu’on retrouvera, sensiblement modifiée, dans le jeu final. Les quatre personnages, Noctis en tête, se lancent à la poursuite d’un gigantesque Béhémoth borgne, dans le but d’empocher la prime offerte à qui en débarrassera les habitants de la région.

Les trailers c’est sympa. Jouer, c’est mieux. On s’immerge dans le jeu alors que Noctis et ses camarades émergent du sommeil. Scène banale. Technique magnifique. On en prend déjà plein les yeux, avec des expressions faciales détaillées et des dialogues interprétés avec justesse. Ceci n’est que le début. On se retrouve ensuite au milieu d’une plaine immense, avec force de détails et de monstres à combattre.

Le système de combat, qui sera sûrement différent dans le jeu qui sortira en novembre, est prenant, quand on commence à le comprendre. Pas parfait, mais déjà addictif. Plus semblable à ce que propose une série comme Kingdom Hearts que Final Fantasy, mais c’est loin d’être un défaut.

Un an plus tard, Platinum Demo propose tout autre chose : une plongée dans un rêve/cauchemar du jeune Noctis. Un monde onirique où le guide n’est autre qu’une invocation emblématique de la série, Carbuncle, et qui permet de découvrir les spécificités techniques du jeu : le travail sur les détails, l’alternance jour/nuit, l’impact de la météo et les impressionnantes animations des invocations Léviathan et Titan. De quoi augmenter encore un peu l’excitation des joueurs.

Montée de la hype
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Le dessin animé
~ BROTHERHOOD ~

Une des deux grandes surprises de Square Enix lors de l’événement FFXV Uncovered, en mars dernier. Pour patienter jusqu’à la sortie du jeu, alors prévue le 30 septembre, l’éditeur promet la publication de cinq épisodes d’une série animée dans le genre manga centrée sur les quatre amis et personnages principaux du jeu, le prince Noctis, Gladiolus, Ignis et Prompto.

Le premier épisode, une introduction, nous plonge dans une aventure qu’on peut situer chronologiquement dans le jeu, sans doute quelque temps après le départ en voyage des quatre compagnons. Rien de renversant scénaristiquement parlant, mais des dessins de qualité et une animation qui n’a rien à envier aux classiques du genre. La fin sur un cliffhanger donne envie de voir la suite…

… sauf que… les épisodes deux, trois et quatre ne vont pas reprendre directement là où on s’était arrêté. Ils ne vont même pas du tout revenir dessus, pour se consacrer à chacun des trois amis de Noctis, pour nous expliquer de quelle manière ils se sont liés au héros par le passé. Principe assez perturbant lorsqu’on regarde le deuxième épisode, mais la qualité du travail sur les personnages et leurs relations finissent par nous toucher. On se prend d’amitié pour ses quatre gars avec lesquels on devra passer plusieurs heures quand le jeu sortira.

Le cinquième épisode vient lui apporter une conclusion à l’histoire entamée dans le tout premier, et de manière magistrale. Entre un combat épique contre une énorme femme serpent à six bras sortie tout droit d’un épisode dramatique de l’enfance de Noctis, des flashbacks bien sombres et des émotions bien placées, on ne peut qu’apprécier cette conclusion, qui a en plus le mérite d’éclairer un peu plus l’intrigue du sommeil de Noctis dans la Platinum démo.

Un sixième épisode sera quant-à-lui disponible uniquement pour les possesseurs de l’éditions collector ultime du jeu… Dommage.

Montée de la hype
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Interlude musical
~ FLORENCE & THE MACHINE ~

Pour interpréter les thèmes musicaux principaux de ce nouvel épisode, Square Enix a fait appel à Florence & The Machine, groupe dont l’univers colle parfaitement à celui des Final Fantasy. Sans surprise, cet aliage fait des merveilles, en premier lieu avec la reprise du tube des années 60, Stand by me. Le morceau idéal pour illustrer l’amitié qui lie Noctis et ses compagnons de route lors de leur road trip. La version qu’en propose Florence, agrémentée d’une harpe, est véritablement enchanteresse.

Mais les inédits Too much is never enough et I will be ne sont pas en reste. Dans la veine des productions récentes du groupe, avec un aspect orchestral en plus, ces deux titres émeuvent, et sont imprégnés par la noirceur de l’histoire qui est celle du prince Noctis et de son royaume en guerre contre un empire surpuissant.

Paradoxalement, de tous les éléments dévoilés par Square Enix, il s’agit de mon préféré.

Montée de la hype
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Le film
~ KINGSGLAIVE ~

Comment donner à un jeu pas encore sorti le même statut que celui de Final Fantasy VII. En en tirant un film dérivé. Tout simplement. Jusqu’à aujourd’hui, seul Cloud et Cie avaient eu droit à des aventures en images de synthèses (sublimes) sur grand écran : Advent Children. Le quinzième épisode a lui aussi droit à ce traitement avec un long-métrage intitulé Kingsglaive.

L’intrigue propose un éclaircissement supplémentaire sur les événements qui ont lieu dans la capitale du royaume de Lucis, avec les personnages du roi Régis et de Lunafreya, la fiancée de Noctis, pendant le voyage de ce dernier. Pour ne pas trop en dire, il y est question de trahison politique et de trêve vite écourtée. Histoire de ne pas spoiler l’intrigue du jeu et du film, je vous invite à aller découvrir le film par vous-même.

D’un point de vue technique, c’est beau. Très beau. Les graphismes sont plus travaillés que dans le jeu (normal, il s’agit d’un film après tout). Le scénario se tient, dans un classicisme assez flagrant. Pas de quoi gâcher le plaisir du spectateur. Grande force : le casting anglais, avec des voix aussi prestigieuses que celles de Lena Headey, Sean Bean (Game of thrones) et Aaron Paul (Breaking bad). Un atout.

On sort du film avec la seule envie d’insérer enfin le disque du jeu dans la PS4. Vite, vite, le job est fait… Mais après dix ans d’attente, même un pin’s à l’effigie de Noctis ferait monter la hype.

Montée de la hype
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Vaporwares :
trésors de patience

Annoncés puis oubliés, puis relancés avec force avant de resombrer : les vaporwares (aussi appelés fumiciels) mettent au défi les gamers. Ces jeux sur lesquelles ils bavent tant finissent par les obséder, et les fantasmes les plus fous viennent alimenter le mythe. Top 3 des jeux qui auront été les plus attendus (cliquez sur les images pour plus d’informations) :

3. The Last Guardian
– PS3 puis PS4 –
the-last-guardian-listing-thumb-01-ps4-us-13jun16.pngEn développement depuis février 2007 – Sortie prévue le 6 décembre 2016
NEUF ANS DE PATIENCE

2. Final Fantasy XV
– PS3 puis PS4 et Xbox One –
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Annoncé en juin 2016 – Sortie le 29 novembre 2016
DIX ANS DE PATIENCE

1. Duke Nukem Forever
– PS3 et Xbox 360 –
ss_582d42654501fe102b7af58b49b99049850da1db.600x338.jpg
En développement depuis 1997 – Sortie le 10 juin 2011
QUATORZE ANS DE PATIENCE

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